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Bâtiment

L'église

Un édifice du XVIIe siècle

L’église de Saint-Didier-des-Bois (ou Saint-Désir-des-Bois dans une plus ou moins lointaine appellation) date du XVIIe siècle.

La construction est principalement faite de silex et de briques. On y trouve également quelques blocs de pierre blanche. Son clocher bien particulier se termine par un lanternon octogonal, lui-même surmonté d’une flèche dont la taille a varié au cours des réfections qu’elle a subies. On peut observer ces modifications en comparant les cartes postales anciennes avec les photos actuelles.

Le clocher servait autrefois de tour de guet.

À l’extrémité donnant sur la rue d’Elbeuf, une niche abrite une statue de saint Didier.

Sous le porche, au-dessus de la porte d’entrée, on remarque un écusson peint représentant la litre d’un des barons de Saint-Didier-des-Bois, et qui se blasonne ainsi :

« D’argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux quintefeuilles d’azur et, en pointe, d’une aiglette de même. »

Source : Jean-Claude Delcroix, « Histoire de Saint-Didier-des-Bois ».

Le puits de l’église

Comme le précise le panneau d’information situé près du porche d’entrée, la particularité de l’église de Saint-Didier-des-Bois réside en un puits situé à l’intérieur de l’édifice, dans le chœur. La margelle, construite en 1950 pour des raisons de sécurité, a remplacé la grille métallique qui était située à même le sol.

Ce puits de 0,56 m de diamètre et de 6 m de profondeur contient toujours de l’eau. Celle-ci, selon les anciens, offrait la particularité de guérir les fièvres. Ceci amenait donc autrefois les fidèles à considérer l’église de Saint-Didier-des-Bois comme un lieu de pèlerinage.

Statues et mobilier

L’église renferme un certain nombre de statues, dont quelques-unes sont en bois sculpté (voir galerie).

De chaque côté de la nef se dressent deux petits autels de bois peint.

Au-dessus du maître-autel se trouve une reproduction de l’Assomption de Murillo, datant de 1860 et portant la mention « Donné par l’Empereur ». Deux statues identiques encadrent cette peinture : il s’agit des évêques saint Irénée et saint Didier.

Dans le chœur, on peut voir un imposant lutrin datant du début du XVIIIe siècle. Il représente un aigle dont les ailes déployées reçoivent les ouvrages.

Une petite châsse renferme des fragments d’ossements qui auraient appartenu à saint Didier.

La confrérie de charité et saint Roch

Comme de nombreuses communes de l’Eure, la commune de Saint-Didier-des-Bois eut en son temps sa confrérie de charité. Tradition remontant au Moyen Âge et particulièrement préservée dans le département de l’Eure, les confréries de charité se composaient d’associations de paroissiens. Les charitons s’occupaient des funérailles des vieux isolés et des indigents dans les villages. L’institution fut supprimée à la Révolution dans les grandes villes, mais se maintint dans les campagnes. Chaque confrérie de charité était attachée à une paroisse et se distinguait par une bannière particulière.

Dans l’église, une armoire renferme trois bannières de ce qui fut la confrérie de charité de Saint-Didier-des-Bois. Créée en 1829, elle officiera jusqu’au début du XXe siècle. Arborant le titre de Société de Saint-Roch, on ne trouve plus trace de son activité à compter de 1902. Il est à noter qu’une statue de saint Roch trône également dans l’église.

On reconnaît saint Roch à son bâton de pèlerin (le bourdon) qu’il tient à la main et sur lequel est attachée une gourde. Un chien se tient toujours à ses côtés. Il figure celui qui lui apporta quotidiennement, en forêt de Plaisance et alors qu’il tentait de se guérir de la peste, un pain volé sur la table de son maître. Il relève un pan de sa cape pour faire voir la plaie qu’il a à la jambe, des suites de la peste noire qu’il avait attrapée à Plaisance.

Saint Roch est le patron des cardeurs. Le nom de la confrérie de Saint-Didier a-t-il un lien avec cette spécificité ? Tout porte à le croire, d’autant plus qu’il est connu que la commune de Saint-Didier-des-Bois abritait de nombreux ateliers textiles aux XVIIIe et XIXe siècles : tisserands, cardeurs, tondeurs, fileurs, toiliers, qui travaillaient pour le compte des usines textiles d’Elbeuf et de Louviers.

Galerie photos

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